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 Sans appétit [libre]

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MessageSujet: Sans appétit [libre]   Ven 11 Avr - 20:57

Samedi
19 h 00 et des poussières


Avec une minute de retard, le dîner fut servit. Avec quelques nanosecondes d’observation, Cicely perdit son peu d’appétit. Elle s’éclipsa de la cafeteria de l’hôtel (s’étant au préalable placée près de la sortie, prévoyante), guère concernée par les papotages et autres activités n’ayant rien à voir avec la gastronomie, auxquelles se livraient les autres. Ce n’était pas faute d’essayer de s’intégrer (si je vous jure), mais lorsque cette créature aux cheveux gras lui avait tendu le pain avec un pathétique sourire amical, elle n’avait pas été capable de supporter plus de ses congénères. Avec quelques minutes d’errance dans les couloirs déserts, elle finit par opter pour une petite sortie. En faisant le tour de la battisse principale, marchant sur les gravillons en tentant de rester discrète, elle finit par tomber sur des employés qui prenaient leur pose. Elle s’approcha de l’un d’eux, sans un mot, après avoir regardé aux alentours qu’aucun surveillant ne l’avait pris en filature. Un regard significatif vers la cigarette qu’il suçotait sans grande conviction apprit au maître d’hôtel que la nouvelle venue n’était pas là pour faire ami ami. Il la regarda de haut en bas, méfiant, s’attardant sur le pull extra large qu’elle portait en guise de robe et la protégeait jusqu’aux genoux, pour découvrir ses épaules osseuses. Il sortit son paquet à regret, lui tendit une cigarette puis un briquet. Elle disparut presque aussitôt, sans un remerciement. Il soupira, se réorienta dans la discussion et l’oublia tout à fait.

Pendant ce temps, ayant trouvé un parfait exutoire en ce minuscule cylindre de tabac qui lui servait aussi de dîner, Cicely pu ralentir l’allure et profiter pleinement de cette petite balade. Le plus agréable était sans aucun doute le silence. Silence qu’elle avait cherché toute la journée, désespérée d’être agressée par toutes ces voix étrangères. La cigarette coincée entre ses lèvres, qui avaient alors perdues presque toute trace de maquillage, elle souleva la masse de ses cheveux secs et laissa un courant d’air glacé s’insinuer dans son cou, hérisser la peau sur ses vertèbres saillants, glisser jusque sur ses épaules avec la douceur d’une lame de rasoir. Elle laissa ses cheveux reprendre leur place lorsqu’un frisson crispa férocement ses bras et son ventre. Un léger sourire étirait la commissure de ses lèvres, calme et confiant. Le froid ne tarda pas à faire apparaître de fines veinules bleues sur sa peau diaphane, à la base de son cou. Ses lèvres perdirent tout à fait leur couleur. La fumée encerclait son visage, s’infiltrait dans ses cheveux, faisait papillonner ses yeux brillants de temps à autres. Il commençait à faire nuit. Dans beaucoup moins d’une heure maintenant, ils devraient partir au Royal Court Theatre. Inutile d’y penser maintenant, elle avait tout le temps.
Ses doigts vinrent gratter le côté droit de son abdomen, à l’endroit où la vieille étiquette de son pull avait irrité sa peau, tandis qu’elle débarquait dans un nouvel endroit. Piscine. Qu’est-ce qu’une foutue piscine faisait dans cet antre de l’enfer ? Enfin, nous disons piscine, mais il fallait plutôt parler de ce qui avait dû être, jadis, une des ambitions de l’hôtel pour leurs clients de luxe, mais qui aujourd’hui était à moitié laissée à l’abandon. Des feuilles mortes et divers autres pourritures jonchaient la surface de l’eau bleutée, et les chaises longues anciennement blanches étaient recouvertes d’une fine couche verdâtre de… mousse (à défaut de trouver un autre terme plus convenable). Elle jeta ce qui restait de la cigarette dans l’eau, avait avoir tiré une dernière longue bouffée. La surface dessina quelques ronds qui s’étirèrent, jusqu’à s’effacer.

Elle s’accroupit sur le rebord, noua ses bras autour de ses genoux, observant le si léger mouvement du mégot sur l’eau stagnante. Il faisait de plus en plus froid. Elle s’assit tout à fait, gardant ses bras dans la même position. Et toujours, ce parfait silence, ce calme tant espéré qui la conduisit, enfin, à fermer les yeux et baisser sa garde. Un long soupir vint clore le tout et, bientôt, elle ne bougea plus.
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MessageSujet: Re: Sans appétit [libre]   Sam 12 Avr - 1:14

Le Samedi ou l’élan de semi-liberté incontrôlée. Une envie pressante d’ailleurs l’avait poussé à mentir sans se rendre compte que ailleurs était ici et donc qu’il y était déjà. Ainsi pour les autres, Mathias McLoewen était officiellement décrété : Pas dans son assiette, m’sieur. Et donc inapte à assister au dîner convivial. Officieusement, Mathias allait très bien et souriait aux heures qui lui restait à vivre dans cet endroit bien loin de ses habitudes. La chambre à laquelle il avait été affecté était pleine de fissures et l’humidité avait dévoré le papier peint imprimé façon -Bienvenue chez Grand-mère, mon p’tit-. Après avoir grimacé face à ce décor de vieux motel sordide et louche, Mathias s’était adapté, une nuance entre –habitué- et –résigné-. Ici ou devant son home-cinéma à regarder d’un seul œil un Tarantino, ça revenait fondamentalement au même : Mathias glandouillait. Un quart d’heure maintenant qu’il était allongé sur le dos, les yeux rivés au plafond où s’étalaient de grandes auréoles jaunes. Il y avait une fuite à l’étage du dessus. Lui, y voyait un hamster attaqué par un rhinocéros. Il distinguait la rondeur de son dos du petit rongeur, les toutes petites oreilles et la forme indéniable du museau à l’avant de la tache, puisque Mathias lui donnait un sens. Derrière l’animal, seule une protubérance qui allait en s’affinant avait suffit pour que le jeune homme y voit la corne d’un rhinocéros. Il s’était ensuite fait la mise en scène tout seul, un peu tiré par les cheveux mais tellement plus sympa qu’une simple tache d’humidité sur un plafond.

Il pivota sur le côté en un mouvement paresseux jusqu'à se retrouver sur le ventre au bord du lit. La chute a été évité de peu. Le bras ballant dans le vide, il observait les veines de sa main grossir au fur et à mesure que le sang se concentrait dedans. En bas, le bruit de la marmaille qui se goinfre se faisait entendre. Ca rie, ça crie un peu, surement que ça s’agite aussi mais Mathias s’en moque, il n’y est pas. Soudain à sa main, jusqu’au bout des doigts, se fait ressentir un picotement désagréable. En se redressant il secoue le bras pour réguler sa circulation sanguine. Le membre un peu endoloris il se lève complètement. S’il veut échapper à l’autorité il doit s’éclipser un peu avant le repas. Il avait déjà préparé son coup et c’est avec une grande discrétion qu’il se glissa à l’extérieur de la bâtisse. Le froid le fit à peine frissonné. Il ne remarquait que faiblement la différence de température entre l’intérieur et l’extérieur. Pourtant, un simple geste habituel, il enfonce ses mains dans les poches de sa veste en cuire et rentre le cou dans ses épaules. Tel un criminel en cavale, il longea les murs la tête baissée, la démarche pressée mais porté par des pas silencieux, hormis peut-être le bruissement de l’ourlet limé de son jeans au sol.

Son appareil photo autour de son cou, le pas plus serein car plus loin de l’hôtel à présent, Mathias a ralentit la cadence. Il avait quitté l’humidité de sa chambre pour l’humidité environnante de ce bassin plein d’eau où flottaient par centaine de drôles de noyés descendu des arbres aux alentours. Et au bords de, ce qu’on pouvait appeler sans certitude, la piscine… une fille était recroquevillée sur elle. Etrangement le jeune McLoewen s’approcha avec méfiance comme si cette créature immobile allait d’une minute à l’autre lui bondir dessus avec barbarie et telle les sirènes dans Ulysse le précipité dans les profondeurs de l’eau crade pour en faire sa proie. Et le lendemain seulement on retrouverait son corps bleu à la surface de la flotte croupie. Bon d’accord pas tant que ça mais quand même. On ne sait jamais sur quelle tarée on est susceptible de rencontrer. Néanmoins, au lieu de s’armer d’un bâton pour crever les flans de la boule à quelques mètres de lui afin de vérifier si un peu de vie demeurait encore présente dans ce truc, c’est son appareil photo qu’il saisit. Il l’aperçoit alors au travers du viseur, elle est différente. Et de cette statue de chair s’émane une beauté singulière. Alors il presse le déclencheur et s’en suit le bruit caractéristique de l’appareil, pareil au bruissement des ailes d’un insecte. Il abaisse son œil mécanique dans l’attente d’un quelconque mouvement.
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MessageSujet: Re: Sans appétit [libre]   Sam 12 Avr - 22:30

Elle avait froid. Terriblement. Plus les minutes défilaient pourtant, et plus elle se sentait bien, détendue. Lentement, elle fit craquer son dos, juste entre ses deux omoplates, d’un mouvement d’épaule calculé. Le pull glissa un peu plus sur son bras ; le froid devint plus mordant encore. Ses mains, posées sur les dalles de pierre pour lui donner un appui convenable étaient maintenant anesthésiées, noyées dans l’ombre grandissante. Le plus petit bruissement dans l’air, le moindre frémissement dans les herbes hautes de l’autre côté de la piscine, et son visage se contractait. Une fraction de seconde ; d’agacement. Au bout d’un moment, hermétique à tous ces petits bruits désagréables, elle n’eut pas non plus conscience d’une présence nouvelle. Est-ce que l’eau était froide ? Elle se risqua à ouvrir un œil, apercevant la surface limpide et frémissante qui ondulait à un mètre de là. Oui, sans doute glacée. Même s’il n’y avait pas eut ces feuilles en décomposition et le reste (ce bout de bois, dans le fond à droite, était probablement un rat, en réalité), s’y baigner aurait été une torture pure et simple. Rien de plus désagréable que se baigner dans une eau d’antarctique. Si ce n’est peut-être… d’être dérangée.

Ses yeux s’ouvrir et elle tourna la tête sèchement, comme frappée par la foudre. C’était presque ça. Elle vit l’intrus abaisser lentement son appareil, après avoir reconnu très distinctement le déclencheur prendre la photo. Et compte tenu du fait qu’il la fixait, elle pouvait vaguement soupçonner avoir été l’objet de la dite photo… ce qui n’était pas de son goût. Mais, pas du tout. Ses yeux se plissèrent, comme si elle jaugeait l’adolescent avec tout le mépris nécessaire, et sans doute pour lui comprendre à quel point son intrusion était condamnable. Peut-être n’en avait-il pas conscience.
Elle se leva, son corps décharné suivant le mouvement avec raideur. La chaleur modulée par ses mouvements s’envolait aussitôt. Elle s’était plantée devant le nouveau venu, plus pâle que d’habitude, les lèvres bleutées, une expression de profond ennui dessinant de fines rides sur son front. Non, décidément, il n’avait pas l’air de regretter son geste outre mesure. Etait-ce donc si difficile de comprendre qu’il avait brisé un moment de solitude apaisante quasi-religieux ? (Sans exagération aucune)

_ Il ne me semble pas…

Ses mains s’extirpèrent d’on ne sait où, blanches et osseuses, et enserrèrent l’appareil photo avec une douceur glacée, si lentement à dire vrai qu’il ne dû pas s’en rendre compte tout de suite.

_ … t’avoir donné la permission.

Sa main droite remonta un peu plus, jusqu’au cordon passé autour du cou de l’adolescent, pour enfin dénicher l’endroit où la dragonne se détachait. Une légère pression suffit, et le cordon glissa. Son autre main rattrapa l’appareil et elle se recula aussitôt, avant de se retourner pour examiner la chose. Ses doigts cherchèrent l’endroit où s’ouvrait la cavité contenant la pellicule, à qui elle comptait simplement faire subir le même destin qu’à sa cigarette, en vain. D’un autre côté, elle n’eut pas vraiment le temps de se familiariser avec un objet qu’elle côtoyait si rarement. L’idée de balancer l’appareil tout entier dans l’eau germa presque aussitôt, et elle fut surprise de ne pas y avoir pensé plus tôt.
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MessageSujet: Re: Sans appétit [libre]   Lun 14 Avr - 20:17

L’endroit était désagréable. L’eau, le froid, l’eau, le froid, l’eau… et cette fille. En réalité ce n’était pas la première fois qu’elle lui apparaissait. Il l’avait déjà croisé à l’auberge, dans le car, à Harper. Mais jamais encore il ne lui avait adressé un mot. Il ne s’en souvenait que faiblement et c’est après un effort de mémoire important qu’il pu conclure qu’elle faisait partit de ses joyeux camarades. Impossible, donc, pour lui de poser un nom et encore moins un prénom sur ce visage au regard furibond. Il mit un temps à deviner qu’elle était en colère à cause la photo prise avec la brutalité propre aux paparazzi. Les yeux en fentes, une moue aux lèvres, elle le fixait… Mathias était toujours surpris de voir à quel point les gens ne supportaient se faire imprimer le portrait sur la pellicule. Les filles en particuliers. Elles avaient cet instinct farouche de se masquer la figure quand l’objectif était braqué sur elles. Pourtant certaine prenaient la pose et demeuraient immobile jusqu’au déclencheur. Celle-ci avait tourné soudainement son visage vers lui d’abord sans un mot. Il cilla et se recula d’un pas sous la surprise. Sa méfiance initiale avait écrasé en une seconde l’audace qu’il avait eut un peu plus tôt en volant la photo. Elle se leva, rétablissant un peu une certaine égalité entre eux, alors que jusque là Mathias la dominait de sa hauteur. Sans un mouvement, ils se fixaient toujours, elle en colère et lui curieux. Cependant, une lueur d’amusement dansait dans son œil alors que son visage demeurait concentré sur la frimousse que lui offrait la furie aquatique. La voir s’animer devant lui était intéressant même si c’était la colère qui guidait ses gestes.

Elle s’était planté très proche de lui. Une distance trop proche qui le troubla, ainsi ses sourcils se froncèrent un peu alors que sa tête s’inclina pour prendre un semblant d’écart par rapport à cet être maigrelet à la tignasse sauvage qui lui faisait face. Elle fit prisonnier de ses longs doigts fins l’appareil photo sans que Mathias n’y montre la moindre résistance. Cependant la suite fut moins de son gout. D’un geste vif elle détacha le lien qui greffait l’objet à son propriétaire. Il eut un geste vain pour la retenir et l’empêcher d’embarquer l’objet du crime. Mais elle s’éloigna trop vite, se dérobant de justesse de l’étreinte du photographe amateur. La suivant des yeux ce dernier craignait pour l’hypothétique torture qu’elle serait capable de faire subir à son objet fétiche. Elle lui appris qu’il avait besoin de sa permission pour la photographie. Visiblement ce n’était pas le cas.

- Mais une photo ne se demande pas. Elle se tente.

Rétorqua sur le ton de la défense, faisant entendre pour la première fois sa voix en s’adressant à celle qui lui tournait maintenant le dos. Il l’observa un moment et s’approcha doucement pour voir ce qu’elle essayait de faire à son appareil photo. Sans lui, il se sentait un peu moins fier. Alors quand il la vit prendre de l’élan pour mieux plonger l’objet dans les profondeurs troubles de la piscine, c’est spontanément qu’il se jeta à genoux. Les mains jointes, les doigts entrelacés, le regard suppliant. Et tel un mauvais acteur d’une mauvaise tragédie, il clama.

- Non ! Attends. Ne fais pas ça.

Son geste le surpris lui même, mais joueur et surtout inquiet du sort réservé à son fidèle compagnon (oui, l’appareil photo) il se laissa glisser dans ce drôle de rôle qu’il mettait en scène pour tenter de raisonner cette folle furieuse. Il jeta un regard à l’objet qu’elle tenait en main, son geste suspendu dans l’air froid. Il tourna alors ses prunelles claires vers elle. Il cherchait quelque chose à dire, quelque chose de salvateur mais rien ne lui vint et elle s’impatientait déjà. Et elle s’apprêtait à poursuivre son mouvement assassin quand il la freina à nouveau :

- Ok, ok… je suis désolé si je t’ai froissé. J’ai pas pu m’empêcher de le faire. La photo, j’veux dire. Pas te froisser. Ce n’était vraiment pas mon intention. Mais si tu es vraiment remonté contre moi, faisons un marché. Tu me rends mon appareil et en échange je te rend un service, n’importe lequel…

Risqué mais jouable. Il aurait très bien pu la brutaliser un peu comme il l’aurait surement fait dans d’autre circonstance pour récupérer son bien mais Mathias était d’humeur joueuse.
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MessageSujet: Re: Sans appétit [libre]   Ven 18 Avr - 22:44

Soyons honnêtes, elle ne s’était pas doutée une seconde de la valeur sentimentale de l’objet. Tout au plus, elle s’était doutée qu’il coûtait une petite fortune, mais de là à se mettre à genoux… oui, elle jubilait. Intérieurement. De la plus méprisante façon qui soit, mesquine et détestable, comme à son habitude, Cicely lança un vague regard à l’adolescent qui s’était agenouillé devant elle, les mains jointes, empêtré dans ce qui devait être le premier rôle d’une tragédie surfaite. Pauvre garçon. Doublement à plaindre, compte tenu de la spectatrice sur laquelle il était tombé, et dont l’ego était à ne pas titiller. A présent, elle voulait se venger. C’est malin. Déjà, son bras s’était armé, prêt à lancer dans les flots glacés le précieux appareil. Il parvint à l’arrêter une seconde fois. Elle l’autorisa à chercher quelque réplique éloquente qui la convaincrait d’abandonner les représailles, le visage baissé vers lui. Un simple soupir d’impatience eut l’effet escompté, et bientôt il lui présenta des excuses en règles. Très vite à court d’idée, il en vint à faire une proposition. Tiens donc. Voilà très exactement le genre d’opportunités que l’on ne donnait pas à Cicely. Quiconque avec un minimum de jugeotte comprenait qu’elle ne tournait pas rond. Mais, peut-être était-ce le stress de l’instant ou la peur de perdre son bien, le fait qu’il lui fit la promesse, sans le savoir, d’un moment bien amusant. Un amusement dont elle manquait cruellement ces derniers temps, puisque le moindre éclat se muait bien vite en une mélancolie des plus désagréables.

_ Et que pourrais-je donc attendre de toi… quelle arrogance.

Son nez se plissa légèrement sur le dernier mot, d’une manière adorable. En même temps, vous noterez que la demoiselle était adorable chaque fois qu’un plan sadique émergeait dans son esprit décalé. Ce moment ne dérogeant pas à la règle, Mathias avait du souci à se faire. La main de Cicely qui tenait l’appareil se détendit et lâcha le bien, qui fila dans l’air… pour s’immobiliser à quelques centimètres du sol. Elle avait retenu le cordon. Coup de chance ? Elle paraissait sûre de son coup, reculait déjà à petits pas en ramenant l’appareil photo dans ses mains, lentement. Il devait être désespéré, ou au bord de l’homicide. Ou les deux. Qu’importe, les sentiments d’autrui ne l’avaient jamais grandement intéressé.
Ses doigts se faufilèrent jusqu’à son cou et elle retira le large collier qui s’enserrait, avec précaution. Avec une telle précaution, même, que le geste qui suivit fut d’autant plus étonnant. Elle lança le bijou droit dans la piscine. Il eut un léger clapotis quand le collier atterrit à la surface de l’eau, qu’il creva, avant de se troubler pour disparaître dans les profondeurs… glacées. Elle leva l’appareil photo à hauteur de son visage, regarda par l’objectif, comme si la réaction de l’adolescent serait plus amusante à regarder ainsi, comme à travers une minuscule serrure.

_ Rapporte-le moi… et je te rendrai ça.

Mais peut-être pensait-il qu’elle n’était pas sérieuse. Après tout, à leur âge, rares étaient les personnages qui faisaient preuve d’une telle méchanceté gratuite, surtout à l’égard de quelqu’un qu’ils venaient de rencontrer, surtout par pur désir d’amusement. L’eau devait être si froide… froide à tel point qu’il plonger serait une véritable torture, souvenez-vous. Une petite mort. Et son collier reposait tranquillement au fond, attendant qu’une main salvatrice ne vienne le sortir des flots. Elle sourit. Si douce, presque ravissante, si parfaitement innocente. Le froid ne l’atteignait plus. Quelqu’un dont elle ne connaissait même pas le nom (si tant est que cela ait pu l’intéresser) venait de la sortir de sa léthargie mélancolique. Toute sa reconnaissance tiendrait en ceci qu’elle respecterait sa parole, et lui rendrait son appareil photo s’il lui plongeait dans la piscine pour lui ramener son collier. Donnant-donnant.
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MessageSujet: Re: Sans appétit [libre]   Sam 19 Avr - 19:55

Pour un genoux au sol, elle était passée de la colère au sentiment de supériorité. Ca se ressentait dans son regard et dans son attitude. Elle avait cet air parfaitement cliché qu’ont ces demoiselles quand on les laisse deviner que le moindre de leurs désirs sera exaucé. La contre plongée offrait un angle de vue intéressant. Il la découvrait maintenant méprisante, hautaine et sure d’elle. Comme n’importe qui l’aurait été sous cet angle. Rien de bien surprenant jusque là. Mathias un peu déçu n’en perdit pas pour autant son humeur joueuse. Il attendait une réponse, suspendu à ses lèvres pincées que lui donnait à voir ce visage froid. Il n’était pas matérialiste, mais son appareil photo c’était bien plus qu’un simple objet. C’était un troisième œil qui sous son regard nouveau, montrait un monde changé. Les gens changeaient. Cette fille en était la preuve. En la regardant comme il le faisait maintenant, il tentait de retrouver cette petite nymphe qu’il avait capturé grâce à son piège à images. Mais c’était inutile puisqu’elle n’existait que figée, sur la photo. Son regard passait de son visage à l’objet convoité. L’envie de le tenir entre ses mains juste pour se rassurer, se faisait grandement ressentir. Mais il avait décidé de jouer. La brunette profitait aussi. Elle le traita d’arrogant et elle insinua qu’elle n’avait rien a attendre de lui. Mathias arqua faiblement un sourcil et un sourire à peine visible modifia son expression. Cette fille avait quelque chose d’amère dans la voix. Quelque chose de triste… un manque de fantaisie peut-être. Oui c’était ça, elle manquait de légèreté. Le garçon haussa les épaules avec nonchalance et utilisa un ton qui collait avec son attitude :

- De l’arrogance, qui n’en a pas au moins un peu ?

C’était la première fois que Mathias s’approchait d’elle d’aussi près. C’était la première fois qu’il lui adressait la parole. Ne connaissant rien d’elle, il ne pensait pas à lui tirer intérieurement le portrait moral. Savoir si elle tourne rond ou pas, n’était donc pas sa préoccupation principale. Il n’était pas psy et ne craignait pas la folie furieuse. Et puis, quelle drôle de façon de penser que d’avoir ce genre d’aprioris sur quelqu’un. Pour lui, elle était une simple et banale camarade à qui il avait volé la photo sur le bord d’une piscine trop crade. Elle avait évolué en devenant une potentielle partenaire de jeu, un peu fade certes, mais seule alternative pour le moment à un ennuis cuisant.

Elle lâcha l’appareil et Mathias, le voyant déjà s’écraser au sol, voulu tenter d’amortir la chute. Mais l’objet resta suspendu dans l’air retenu par le cordon à son grand soulagement. Alors qu’elle détachait son collier, il se redressa en lui adressant un regard plein de reproches pour la frayeur qu’elle lui avait causé. C’est là qu’elle jeta son collier dans l’eau. Avant même qu’elle n’ouvre la bouche, Mathias se doutait de la tache qui allait lui être destinée. Il tourna son regard vers le bassin où s’enfonçait le bijou avant de reporter son regard sur la jeune fille qui le regardait maintenant au travers le viseur. Il posa sa main sur l’objectif pour la forcer à abaisser l’appareil dardé vers lui. C’était une sensation désagréable que de se sentir fixer par son propre appareil photo. Il grimaça puis se dirigea sans se presser vers la piscine. Il se baissa pour tremper deux doigts dans l’eau. Un plongeons quelques brasses et l’histoire était close. Mais le contact du liquide gelé eut pour effet un léger frisson. La conclusion était évidente : Il n’irait pas se mouiller pour récupérer un collier à la con dans une eau trop froide pour en ressentir vivant. Au fond de la piscine, il pouvait voir le bijou déformé à travers l’eau. Puis son regard balaya les alentours de la piscine. Il semblait chercher quelque chose de précis. Soudain il retira sa veste avec un peu plus de vitesse qu’il en avait eut jusque là. Il l’abandonna au sol, retroussa ses manches et se dirigea vers un coin du bassin en faisant soigneusement le tour. Etendue derrière des transats bancales, l’épuisette. Nécessaire pour quiconque possède une piscine. Mathias l’attrapa par le manche et la traina derrière lui jusqu'à arriver au côté le plus proche du bassin. Tel un lanceur au baseball, la nymphette avait balancé son truc loin du bord de la piscine. Il devait manquer quelque centimètres à l’épuisette pour atteindre le fond. Le photographe les compensa en s’allongeant au sol. Il avait retirer sa veste et retrousser ses manches dans ce but précis. Les bras dans l’eau, l’épuisette complètement immergée, il se débrouillait plutôt bien. Il du néanmoins s’y prendre à plusieurs fois pour pêcher le bijou de la demoiselle et l’exercice dura un temps durant lequel aucun mot ne sorti de sa bouche hormis un juron quand l’une de ses manches mal retroussée descendit le long de son bras et absorba l’eau froide. Enfin le collier fut prit dans les filet de l’épuisette ses doigts agrippèrent le bijou et il se redressa, laissant l’épuisette couler au fond de l’eau. Il secoua sa main, éclaboussant a cet occasion un peu Cicely puis enfila sa veste en prenant son temps avant de revenir vers celle qui tenait en otage son bien. Il se planta devant elle sans que la moindre expression ne viennent troubler les traits de son visage et il exhiba le collier avant de l’enfermer dans son poing.

- Mon appareil photo.

Ordonna t-il en tendant vers elle une main aux doigts agités qui insistaient à lui rendre l’objet principal du marché entre eux. Il grelotait un peu mais ses mots étaient fermes. Rappelons le, ses bras avaient trempés dans l’eau gelée et l’une de ses manches était mouillée.
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