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 Tic tac toc [Pv Johannes]

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Apolline Finnigan
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MessageSujet: Tic tac toc [Pv Johannes]   Ven 28 Mar - 22:20

[Titre très recherché comme tu peux le voir plus haut :lol:]

Le car se stoppa net devant un grand carré de ciment pourvu d’un toit sombre et mal entretenu. Chaque élèves descendit, content ou pas, et tous ce beau petit monde ne tarda pas à ce retrouver devant le bus à papoter, échanger des choses diverses et variées…et j’en passe.
Le silence revint, lorsque la voix du professeur d’histoire géographie, qui les accompagnait alors, s’éleva pour réclamer l’attention générale. Il est vrai qu’à Harper, la discipline est de rigueur… en apparence du moins.
Après une vague réunion disciplinaire donnée par les enseignants aux élèves surexcités par ce petit voyage, chacun put regagner sa chambre. Coralee ignorait avec qu’elle partenaire formidable elle partagerait ces deux nuits, mais ne doutait pas de devoir se coltiner une ronfleuse au mieux, sinon une bavarde hystérique au pire. Elle avait toujours eut la chance de rencontrer les personnes formidables après tout…

Alors qu’elle montait les marches avec sa valise ultra compact, elle ne put s’empêcher de tiquer nerveusement à la vue de l’entretien de cette petite « auberge de jeunesse ». Le planché était miteux et les murs tout aussi délabrés. Elle n’avait pas encore vu les cafards, mais s’y attendait presque. Certains professeurs les avaient bien sûr instruit sur leur lieu de résidence, elle savait donc à quoi s’attendre mais, une fois sur place c’était tout autre chose. Pire à vrai dire. Il vaudrait peut être alors mieux pour elle qu’elle ne dorme pas ces nuits, mais il était assez facile de trouver des occupations nocturnes après tout.
La jeune femme fit abstraction du décor et se concentra sur les numéros plaqués aux portes des chambres. Lorsqu’elle trouva la sienne et qu’elle y pénétra, se fut pour tomber né à né avec de sobre lit de camp –ou presque- un lavabo et un toilette, un armoire qui grouillait déjà de mythe, elle le sentait. Parfait. Ce voyage commençait extrêmement bien à vrai dire. Faire face au mal des transports des autres passagers avait été une chose –éprouvante soit dit en passant- mais là s’en était une autre. Elle n’allait pas se formaliser mais elle ne comprenait pas comment il pouvait leur offrir cet ébergement minable avec tout l’argent que dépensaient les familles pour s’offrir le luxe de crécher dans cet établissement. Invraisemblable.
Elle ne déballa pas ces affaires et posa sa valise sur son lit. Sa colocataire n’était pas encore arrivée et tant mieux. Coralee s’empressa de soulager une envie pressente, et put se rendre compte qu’il n’y avait pas de verrou à la porte de la « salle de bain », c’est pour dire ! Enorme. Elle espérait ne pas être découverte trônant magnifiquement sur les cabinets. Vous avez dis honteux ? Elle passa ensuite rapidement sous la douche, histoire de se rafraîchir. L’eau était bonne et chaude, seul point positif pour l’instant qu’elle avait put noter.

Une fois rhabillée d’un long pull à capuche gris clair qui faisait office de robe, d’un collant fluo et de bottes en cuire foncées, elle descendit prête à sortir de ce taudis.
Arrivé en bas, il était bien entendu interdit de sortir pour le moment. Elle entendait au loin des gloussements. Lorsque l’on y réfléchissait bien, Coralee était presque toujours seul. Elle n’avait pas de meilleur(e) ami(e) avec qui partager de bons délires ou tout simplement parlé. Elle vivait, mystérieuse, perle au milieu des algues trop nombreuses et étouffantes. Soit, on la regardait mais elle semblait ailleurs, on la désirait elle s’enfuyait. C’était ainsi et terrifiant. C’était presque ce que l’on peut appeler une sans amie même si le mot solitaire a ma préférence. Il faut dire qu’elle n’était pas tendre avec n’importes quels petites midinettes ou dragueurs enjoués… C’était tout. Elle n’avait pas envi de leurs parler, à eux, foule. Même si certains mouraient d’envi de lui décrocher trois mots, elle s’en moquait éperdument.
Coralee contempla quelques instant la pièce du grand hall. Quelque chose retint son attention. Une sorte de pendule à aiguille, vielle et fort mal traité mais qui trouvait son charme à ses yeux. Elle s’en approcha, avant de finalement se laisser tomber dans un fauteuil et de la contempler. Une seule idée la taraudait, elle aurait souhaité tourner vite, plus vite, ces aiguilles pour remonter le temps…
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Dorian Finnigan
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MessageSujet: Re: Tic tac toc [Pv Johannes]   Sam 29 Mar - 0:31

Après un voyage des plus… Douloureux, pour ses nerfs autant que pour son dos (les transports en commun du Pays de Galles avaient encore quelques progrès à faire au niveau du confort de leurs sièges), Johannes eut la cuisante surprise de s’apercevoir que le lieu de repos de leur cour séjour était loin d’être à la hauteur de la brochure qui était affichée au panneau qui trônait dans le hall de leur établissement scolaire. Loin d’être un « petit coin douillet en plein milieu de la ville », le Bubble Cliff était tout au plus une usine à sommeil des plus délabrée. Heureusement pour le reste de l’humanité que le jeune homme n’avait pas atteint sa majorité, car il aurait autrement passé son temps à attaquer n’importe qui en justice pour publicité mensongère. Certes, les professeurs les avaient avertis que cela n’était pas tout à fait « ce à quoi ils avaient étés habitués », mais le résultat laissait tout de même à désirer. Il resta debout quelques secondes à l’extérieur, son sac de voyage dans la main tendit que les élèves pénétraient petit à petit dans l’auberge, Cicely parmi les premières. Après leur petit « tête à tête », il n’osait pas s’aventurer à lui proposer ses services, par crainte qu’elle ne le trouve -encore- trop entreprenant. Après tout, la jeune femme avait dit qu’elle réfléchirait à sa proposition, ce qui était, il fallait l’avouer, beaucoup plus prometteur que tout ce qu’il avait eu jusque là. Hormis le baiser. Un soupir et deux minutes plus tard, il fut contraint de pénétrer dans cet endroit après une grande claque dans le dos d’un des surveillants de Harper qui avait jugé bon de lui rappeler que « les visites sont pour plus tard, mec », ce qui avait valu à l’autre de recevoir un regard des plus assassin, car visiblement le regard d’un bleu profond de Johannes pouvait être tout aussi bien meurtrier que langoureux.

Ainsi, venait tout juste de sortir de la salle de bain des plus précaires, et venait d’achever de s’installer dans la chambre vétuste qu’il devait partager avec un certain Gallagher, ce qui était loin de le ravir, lorsque la petite amie de ce dernier avait pénétré dans la pièce. Alors, avaient commencées des effusions des plus passionnées. Ne sachant même pas si il devait se sentir outré ou bien frustré, notre petit Lord avait quitté la chambre, pourtant conscient du fait qu’il n’était pas encore l’heure du rassemblement

Un nouveau soupir, lorsque, arrivé au niveau des escaliers qui menaient au grand hall, il se rendit compte qu’il avait oublié son livre de Trigonométrie, lequel devait aussi l’accompagner durant le trajet qui les mèneraient à leur première sortie (un stade auquel Johannes portait moins d’intérêt qu’au lit dans lequel il devrait passer la nuit), ayant décidé d’adopter la méthode de l’autruche et se faire le moins du monde remarquer par la jeune Jeckyll de peur que cette dernière ne se rétracte et décide qu’elle ne voulait plus jamais entendre parler de lui.
Malgré tout, une partie de lui espérait tout de même qu’il la croiserait dans le Hall, et, une autre encore plus utopique encore, s’imaginait qu’elle aurait une réponse, affirmative, à ses attentes.

Une fois arrivé dans le hall, un certain dépit l’envahit tendit qu’il se rendait compte qu’il était le seul élève de Harper à avoir eu l’idée de descendre un peu plus tôt. N’étant pas vêtu de l’uniforme, qu’ils avaient eu le droit d’ôter en arrivant à l’auberge, il portait néanmoins une de ses tenues très guidées qui lui donnaient l’air de quelqu’un qui devait se rendre à un match de cricket au plus vite. « Explorant » les lieux, il salua d’un signe de tête poli les quelques personnes qui se trouvaient dans la pièce et qui s’avéraient être des membres du personnel passant par là, et ce fut alors que, dans un coin de la pièce dont la tapisserie d’un brun fleuri douteux complétée de boiseries, son regard se posa sur un piano de basse qualité, mais tout de même tout à fait attirant. Car, hormis le vulgaire synthétiseur dont il avait été la victime, le jeune homme n’avait pas touché son instrument favori depuis les vacances d’été. Son regard perdu et hésitant le guida alors vers le piano, mais, alors que, comme hypnotisé, il s’apprêtait à soulever avec délicatesse le couvercle de bois, il fut surprit par un coup frappé par l’horloge, et marquant la demi. Manquant un sursaut, il se retourna avant de reconnaître la source de son effarement, et, comme réveillé d’un profond sommeil, se rendit compte de la présence d’une personne assise dans le fauteuil non loin de lui.

Coralee. Repoussant une mèche de cheveux égarée sur son front, il eut un léger sourire, gêné qu’elle ait pu observer son manège. Ils ne s’étaient pas vraiment adressés la parole après leur dernière -et unique- discussion, il y avait quelques jours de cela, et Johannes, qui en gardait toujours à l’esprit les circonstances et les confidences qu‘il avait faites à la jeune femme, eut un léger rougissement, sans doute aussi dû au fait d’être prit en train de roder autour d’un piano comme un loup autour d’une bergerie.


« Hum… je… »

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Apolline Finnigan
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MessageSujet: Re: Tic tac toc [Pv Johannes]   Sam 29 Mar - 10:48

La pendule fait tic. Coralee la regarde encore. Il peu paraître frustrant à toute personne de rester aussi passif et pourtant, cela ne semble pas déranger la jeune femme qui savoure cette instant d’inactivité et s’en délecte purement et simplement.
La pendule fait tac. Son regard ne vrille pas. Elle est toujours hypnotisée par le balancement incessant du pendule. Parfois elle le suit, pour finalement poser ses yeux dans le lointain du sombre coffre en bois. Noir.
Tout cela n’a pas le moindre intérêt me direz vous et pourtant il arrive parfois que la vie n’est pas d’intérêt proprement parlant. C’est ainsi.
Songeuse, Coralee végétait donc. Elle se tenait, sa tête reposée sur son poing fermé et son buste parfaitement droit dans le siège où elle était assise. Ses jambes formaient une élégante croix. Ses cheveux parfaitement blonds, bouclaient sur ses épaules magnifiquement. Elle ressemblait en tout point à une poupée -de chaire fraîche.

Elle se trouvait seul depuis maintenant plusieurs minutes, lorsque l’intrusion d’une silhouette –qui lui était tout a fait connu- vint troubler son champ de vision. Elle sortie alors de sa rêverie et tourna lentement le cou. Voyez vous ça. Attiré irrésistiblement par un piano miteux, un jeune homme grand, brun et pour le moins séduisant s’avançait dans la pièce à pas de loup. Johannes. Vous me direz que le hasard fait bien les choses. J’accepte cette hypothèse.
Un sourire amusé barra son visage. Son regard se reposa ensuite sur la pendule. Comme elle s’y était attendue, les aiguilles se trouvaient presque dans l’alignement de once heure trente.
Tic, tac, tic, tac. Le coup de la demie sonna. Fort.

Assez en tout cas pour que le jeune homme se retourne et sursaute. Lorsque celui aperçut enfin Coralee, son attitude témoignait déjà sa gêne alors qu’elle, était tout à fait sereine. Elle discerna même une pointe de rougissement. Coralee, depuis ces quatre jours qu’elle n’avait pas parlé à Johannes, avait eut tout le loisir pour penser à son petit plan. Il l’obsédait d’ailleurs souvent, la tourmentait, pour finalement la dégoûter profondément faute de matière solide pour le mettre au point. Elle ne bougea d’abord pas, les coudes ainsi posés sur les accoudoirs, mais ne put s’empêcher de clamer, arrogante, son côté aristocrate noble mis en avant plus que jamais.

- Allons Johannes plus de sa entre nous.


Elle décroisa les jambes, avant de se lever. Que pourrait elle bien lui raconter à présent pour le retenir et lui soustraire sa conversation avec Cicely lors du départ ? Elle n’allait tout de même pas encore l’embrasser. D’ailleurs elle n’en avait pas du tout l’intention, au risque de passer pour une fille facile ou pire encore une jeune femme en manque sérieux, ce qu’elle n’était pas cela va s’en dire.
Lorsqu’elle s’approcha enfin du garçon, les mots lui vinrent naturellement. Ciblés.

- Cela dit, j’aimerai beaucoup t’entendre jouer. Il est dit que tu serais très habile de tes dix doigts. Prodigieux.. A moins, bien sûr, que tu ne préfères que l’on discute de choses… et d’autres.

Elle connaissait bien entendu les talents de notre cher Johannes. Et puis être bon musicien faisait parti d’un tout auquel le jeune homme ne pouvait excepter. Elle-même avait quelques talents en la matière. Elle se savait bonne chanteuse –d’après ce qui lui restait de souvenir de ces 12 ans- et jouait superbement bien du violon. Mais au contraire du jeune brun, cela ne lui procurait aucune vibration, ce n’était en quelque sorte pas sa raison de vivre, alors que écouter la musique, l’était. Décidément les atouts étaient nombreux chez notre petiot élève brillant. Lassant à force. Vous croyez ?
Elle ferma son visage de tout sentiments avenants et désigna le piano du menton. Un signe de tête pas si convainquant que sa au finale…
Elle était presque sure pourtant que le jeune homme se précipiterait dessus dès qu’elle lui donnerait le feu vert. A moins qu’il ne préfère une nouvelle fois se confesser au nom du père !

- Es tu sûr qu’il est accordé au moins ?


Elle savait bien qu'à vu d'oeil on ne pouvait pas voir ces choses là. Mais elle voulait faire croitre en Johannes le désire éminent qui le rongeait, à savoir jouer. C'était follement excitant de pouvoir ainsi contrôler les êtres -simple humain ou génie. Vous avez dit vicieuse ?
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Dorian Finnigan
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MessageSujet: Re: Tic tac toc [Pv Johannes]   Sam 29 Mar - 18:08

Fidèle à elle-même, la jeune femme n’avait pas le moins du monde l’air gênée par sa présence, et paraissait aussi à l’aise dans ce fauteuil pourtant miteux, qu’elle l’aurait été dans une réception mondaine à la cour royale. Peut-être était-ce le fait d’avoir reçu une éducation stricte et dénuée la plupart du temps de la moindre personne de son age, mais toujours était-il que Johannes n’avait toujours pas prit l’habitude de se faire prendre en flagrant délit de méditation profonde. Se faire surprendre par une horloge était vraiment ridicule, d’autant plus que lorsqu’il vivait chez sa tante, il passait des heures à observer l’immense pendule qui se trouvait dans le séjour, l’une de ses activités étant de deviner sans la regarder à quel moment elle allait se mettre à sonner. Que voulez vous, on avait beau être un excellent élève, lorsqu’on était privé de tout ce qui aurait pu être source d’amusement, on s’occupait comme on pouvait… D’ailleurs, il s’apprêtait à tourner les talons, ne souhaitant pas déranger la jeune femme qui attendait sans doute quelqu’un. Or, chacun savait que Andersen n’était pas un maître au niveau des relations sociales, et la plupart des élèves de terminales de Harper auraient préférés passer une journée entière en compagnie de Stanley Smith (un individu aussi assommant qu’une prescription de somnifères qui faisait partie de la fanfare), plutôt que de supporter durant dix petites minutes notre Andersen et ses accents de noblesse tintés de savoir absolu. On se demandait vraiment pourquoi, d’ailleurs, mais toujours était-il que, si c’était le cas pour Coralee, il préférait s’éclipser. Peut-être aussi qu’il préférait éviter de revenir sur l’embarrassante discussion qu’ils avaient eus en ce précédent jour de pluie.
Visiblement, la jeune femme en avait décidé autrement, car déjà elle se trouvait devant lui, un sourire aux lèvres et prête à dire quelque chose.
Il était indéniable que Johannes avait beaucoup changé au cours des quelques mois qu’il avait passés à Harper, et sans doute était-ce en partie dû à sa toute nouvelle faiblesse : Cicely. Visiblement, lorsque le cœur d’un homme était touché, il perdait toute sa morgue et devenait aussi fragile et torturé qu’une orchidée, et dans le cas du futur Lord, il lui était impossible à présent de déterminer objectivement si il était sensé avoir une dent contre la jeune Moore, ou, au contraire, s’en vouloir de l’avoir repoussée lorsque l’occasion s’était présentée. Ou bien même, de ressentir tout autre chose. Grands dieux que tout cela était compliqué!
Toujours était-il qu’en sa présence il avait l’impression de devoir surveiller chacun de ses mouvements, sans qu’il ne sache pourquoi. Et ça ne semblait pas déplaire à la jeune femme, qui venait de prendre la parole, la voix tintée d’une légère ironie.

« Oh, sans doute… »

Il avait toujours su qu’il jouait parfaitement du piano, et n’avait jamais été doué pour la fausse modestie, parfaitement conscient de ses compétences scolaires et musicales. Mais à présent qu’il était devant témoin -Coralee-, il prenait conscience du fait que jouer dans cet endroit risquait de ne pas passer inaperçu.

« J’imagine que je préfère jouer… »

Hésitant quelques secondes, tiraillé entre l’envie de caresser à nouveau l’instrument et celle de s’éloigner le plus loin possible de sa camarade, qui avait découvert par on ne savait quel moyen comment lui faire révéler des confidences, il s’assit néanmoins sur le banc placé devant l’objet, et souleva de la manière la plus délicate le couvercle cachant le clavier du piano. Bien entendu qu’il était accordé, bien qu’on puisse toujours en douter, compte tenu de l’état du reste de la pension. Le fait que de la poussière se soit déposée sur ses doigts fins, poussière directement issue du bois du piano, montrait que l’on avait pas touché à l’instrument depuis un certain moment.
Hésitant à nouveau, il finit néanmoins par poser avec un respect non dissimulé la main sur l’une des touches qui produit un son cristallin, conscient d‘être observé par la jeune blonde. Puis une autre, pour enfin laisser sa main courir sur le clavier en une mélodie joyeuse et rapide, afin de s’assurer que tout était en état de marche. Rien dans son petit manège n’avait eu pour source un quelconque accès de vanité, il reprenait tout simplement ses vieilles habitudes. Son visage avait prit soudain une expression mêlée de concentration et de contentement extrême -expression qu’il n’avait habituellement que lorsqu’il observait le visage de Cicely à l’insu de cette dernière, lors du cours d’histoire géographie, le jeudi après midi.

Il s’arrêta au bout de deux minutes, et, se tournant vers Coralee, proposa :

« Il y a quelque chose que tu souhaiterais entendre? » Soudain, c’était comme si plus rien n’était plus important que cet objet, et son visage avait retrouvé l’assurance qu’il possédait avant son coup de foudre.

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Apolline Finnigan
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MessageSujet: Re: Tic tac toc [Pv Johannes]   Sam 29 Mar - 20:51

Elle savait qu’il préférerait jouer. Elle aussi à sa manière aimait jouer…

Le piano devant eux avait un aspect des plus douteux, et, bien que le garçon ne se formalisa pas sur l’état de l’instrument, elle était persuadée qu’il détenait un piano à queue chez lui. Après tout ce n’était un secret pour personne de savoir que Johannes avait vécu une cuillère en argent dans la bouche. Mais ce que les gens on tendance à oublier souvent, c’est que, dans ce genre de famille brillante, la discipline est de fer, donc la vie n’est pas de tout repos. De plus, les sentiments affectifs qui lient les parents aux enfants, et vis vers ça, sont moindres ou alors ériger très bas dans l’ordre des priorités sociales.
Pour Coralee, sa mère étant morte assez tôt, elle n’eut que le choix de goûter au sourire glacial de son cher père. Il l’aimait c’était certains mais ne savait pas le montrer comme un être normal. C’était peut être de sa que résultait le comportement froid et hautain de Coralee. Vous croyez ?
Coralee se demanda alors, pendant une fraction de seconde, à quoi pouvait bien ressembler les journées du jeune homme avant son arriver à Harper. Elle l’imaginait très bien. Vivant d’eau pure et pourtant ivre de musique, seul et profondément heureux à la fois. Une figure de roman fantastique en quelque sorte.
La façon dont Johannes prit place sur le fauteuil lui arracha un sourire. C’était peut être un plaisir pour lui, mais il n’avait pas à en faire autant. C’était presque comique, mais elle respecta sa concentration… le temps de quelques minutes interminables.
Le jeune homme regardait alors le piano ; il le désirait. Coralee n’avait jamais vu une telle fascination, une telle envie inscrite dans le regard du jeune brun. Elle toussota légèrement pour qu’il reporte son attention sur elle. Ce qu’il fit bien entendu certainement par politesse.

- Joues ce qu’il te plaira.

Elle aurait très bien put lui demander de jouer le magnifique concerto en mi bémol majeur de Beethoven, mais se garda bien de faire jouer un tel chef d’œuvre dans un tel taudis. De toute manière, elle n’était pas des plus calée sur le sujet « piano ». Elle laissa donc le choix à l’artiste de choisir son morceau. Amoureux comme il était, elle le voyait très bien jouer le premier mouvement du Printemps, des quatre saisons de Vivaldi. A coup sûr, elle ne l’aurait pas parié pour autant.
Le jeune homme commença, concentré de tout son esprit, de tout son cœur, et son corps suivait. Ces mouvements étaient fluides et aussi rapide qu’un éclair, c’était quelque peu effarant. Mais il en fallait bien plus pour impressionner Coralee, de nature à ne pas se faire surprendre par une horloge, ce qui était vraiment ridicule cela va s’en dire :lol:. La jeune femme se dirigea alors près du piano et posa un coude sur la caisse de résonance et observa plus attentivement les doigts du jeune homme qui filaient à vive allure sur le clavier poussiéreux.
Bien que le défoulement du jeune homme soit prodigieux, le morceau ne rendit pas toute sa beauté à cause de la piètre capacité du piano bar. Le son résonnait néanmoins dans presque tout l’immeuble… Elle ne s’étonnerait pas d’ailleurs de voir débouler les professeurs d’une minute à l’autres, brayant des infamies et brandissant leurs parapluies ou leurs gros doigts graisseux vers eux, et elle, Coralee Moore, n’avait vraiment pas envi d’être le clou d’un tel spectacle de clowns. Elle pensa donc bon de l’arrêter, mais dans toute la subtilité qu’on lui connaît. Elle s’approcha de son oreille gauche et murmura : - Merci..
Elle se redressa ensuite et passa machinalement ses mains à plat sur son pull-robe.

- Désolé de t’interrompre mais je crois qu’il serait préférable de ne pas abuser des bonnes choses... A moins que tu ne veuilles te faire invectiver par quelques mal-instruits de l’établissement.

Quelle était prévoyante ! A vrai dire, Coralee avait d’autre projet que de l’écouter jouer, aussi bon pianiste soit il. En d’autre circonstance oui. Mais là, elle ne pouvait ni se mettre à danser, ni écouter confortablement le morceau. Il n’y avait donc aucuns intérêts, ou presque. La jeune femme avait donc l'intention de jouer sa carte avant-gardiste avec lui, puisqu'il s'avérait que cela marchait très bien avec lui. Après sa tirade de l'autre fois, elle ne pouvait pas être sainte avec lui. Elle ne l'était avec personne de toute manière.
Johannes se trouvant toujours assit, lorsqu'elle passa derrière lui et posa ses deux mains sur ces épaules, féline. Elle approcha ensuite de son oreille droite cette fois ci et lui susurra d’une voix raide et terriblement dépourvut de sentiments :

- Autrement, j’ai beaucoup aimé ton interprétation. C’est fascinant. Tu crois qu’un jour tu pourrais m’accompagner ?

Lui au piano, elle au violon, le duo de l’excellence. La promesse qui coûte cher, très cher aussi.
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Dorian Finnigan
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MessageSujet: Re: Tic tac toc [Pv Johannes]   Dim 30 Mar - 1:43

Il était vrai que la qualité du piano laissait à désirer. Rien à voir avec la pièce de maître sur laquelle il avait fait ses armes et qui se trouvait à des centaines de kilomètres de là. Mais la félicité était là, et alors que ses mains dansaient sur le clavier, il renouait avec un plaisir auquel il n’avait pas eu droit pendant beaucoup trop longtemps. Certes, il pouvait regretter le fait que les pédales du piano soient dans un état tel qu’il fallait appuyer beaucoup trop fort pour qu’elles fonctionnent, et que les touchent en soient pas aussi parfaites qu’elles auraient du l’être, mais non, il était beaucoup trop heureux pour cela. Il n’avait pas choisi de jouer le Printemps de Vivaldi, ni même le Canon de Pachelbel (morceau certes très répétitif, mais qu’il affectionnait particulièrement car c’était le premier qu’il avait apprit), et laissa ses doigts redonner vie à la sonate numéro 8 en Do mineur, sobrement nommée « Pathétique » de Beethoven, sans doute parce qu’elle convenait parfaitement à son état d’esprit, mais aussi parce que Beethoven était son compositeur favori, aussi cliché que cela pouvait être. Bien sûr, les notes n’étaient pas aussi parfaites et aussi limpides qu’elles auraient dû l’être, mais Johannes le dernier aurait songé à s’en plaindre, et ce fut avec le plus grand regret qu’il mit fin à sa petite interprétation lorsque la jeune femme le remercia. Bien évidemment, elle avait raison, et ils n’avaient aucune excuse valable pour avoir osé mettre la main sur l’instrument de cet hôtel délabré. Mais il savait tout de même que durant les deux jours qu’ils passeraient à Liverpool, l’envie dévorante de revenir s’asseoir à ce piano ne cesserait de le hanter. C’était tout bonnement injuste qu’ils soient forcés de visiter un quelconque terrain de sport alors qu’ils pourraient très bien rester ici et pianoter à son aise.
Un léger soupir tendit qu’il rabaissait avec la plus grande délicatesse du monde le couvercle de bois sur le clavier et il répondit à la jeune femme sans pour autant quitter le siège.

« Exact»

Il n’avait pas vraiment envie que ces élèves sans éducations ne débarquent autour d’eux, et ne se mettent à se moquer du fait qu’il en soit encore resté aux pièces maîtresses de la musique classique au lieu d’écouter quelque chose de plus moderne, remarque dont il avait été victime il y avait encore peu de temps lors d’une réunion pour la fanfare de l’établissement. Cicely -oui, toutes les pensées de Johannes menaient à Cicely, au cas où vous en doutiez encore- écoutait elle aussi du Beethoven, ce qui l’avait agréablement surpris il y avait à peine une heure. Dans le bus. Lorsqu’elle était appuyée sur son épaule. Et que…
Bon. Peut-être devait-il quitter ce siège, il se faisait souffrir inutilement.

Mais alors que quelques secondes venaient de passer, à nouveau l’impression d’être le petit garçon dont on attendait quelque chose de précis : Coralee venait de poser les mains sur ses épaules et tout, que ce soient le contact de ses mains où sa voix soudain devenue étonnamment impersonnelle, lui rappela sa tante. Étrange. Peut-être était-ce une caractéristique des personnes nées avec dans un milieu particulièrement aristocratique… Intrigué, tout de même, il questionna :

« De quel instrument joues-tu? »

Le compliment ne le flatta pas particulièrement. Étrangement, et ce, depuis toujours, il était imperméable à toute sorte d’éloges, parce qu’il connaissait son niveau, et qu’il ne voyait pas intérêt à féliciter quelque chose que l’on maîtrisait (ou que l’on tentait de maîtriser). Selon Johannes, complimenter quelqu’un d’aussi parfait que lui (HJ : hahaha, pardon crise de narcissisme) était un peu comme le féliciter de parvenir à respirer. Il avait été conditionné pour tout faire à la perfection, et de ce fait, il n’y avait aucune raison que cela ne soit pas le cas (tout ceci bien entendu était issu de la bouche de sa délicieuse tante).

Peut-être était-ce parce qu’il détestait rester seul, et qu’il n’avait pour ainsi dire, pas grand monde avec qui discuter à Harper, mais toujours était-il qu’il commençait à apprécier la présence de la jeune femme, qui après tout était d’excellente compagnie lorsqu’elle ne se mettait pas à poser des questions terriblement embarrassantes ou à le mettre dans des situations qui l’étaient tout autant. Si elle ne s’était pas trouvée dans ce « salon », Johannes aurait été sans doute contraint de discuter avec l’homme qui se tenait à la réception ou même avec l’un des cuisiniers -parce qu’après tout, il s’était toujours dit qu’il devrait apprendre quelques petites choses en cuisine, le fait était que, comme tout bon futur Lord qui se respectait, il n’avait aucune idée de la façon dont on cuisinait le moindre plat de pâtes.
Le fait qu’elle lui propose de l’accompagner, signifiait qu’elle n’avait visiblement pas l’intention de cesser de le fréquenter sous prétexte qu’il était un garçon singulier et étrangement « fringué », ce qui était assez encourageant, et ce, même si l’attitude de la jeune femme était parfois changeante voire déroutante (elle paraissait tout simplement pouvoir lire en lui comme dans un livre)

« N’attendais-tu personne, avant que je n’arrive? » questionna-t-il, songeant à ce qu’il s’était demandé en découvrant la jeune femme parfaitement installée dans le fauteuil, environ un quart d’heure auparavant. Jettant un regard à l’horloge, il nota qu’il ne restait que quinze minutes avant que les élèves du pensionnat ne descendent tous pour le déjeuner.

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MessageSujet: Re: Tic tac toc [Pv Johannes]   Dim 13 Avr - 23:14

Johannes Andersen a écrit:
« De quel instrument joues-tu? »

Là où tous jeunes hommes auraient approuvé et posé la question ensuite, Johannes excepta à cette règle. Il était certain alors que le jeune brun avait été conditionné à ne jamais donner son accord sans savoir au préalable de quoi il s’agissait. Cette réaction était typique d’un futur chef d’entreprise et bien que cela vous paraisse anodin, elle était un atout considérable que peu de personne appliquait. Il était vrai que, à bien y réfléchir, accorder à tout va son accord pouvait s’avérer dangereux, surtout avec la jolie rousse.

- Violon.

Un sourire étira ses lèvres rosées. Un sourire qui se voulait avenant mais qui ne dégageait pourtant pas cet aura de bienveillance qu’on les sourires sincères. Ses longs cheveux venaient encombrés joliment son visage aux traits dès plus gracieux, lui donnant un air sauvage. Indomptable. Il ne faisait aucun doute que Coralee était une très belle jeune femme et pourtant, quelque chose, quelque chose d’infime perturbait cette harmonie. Son regard était et devint dur et impénétrable. Comme toujours. Le contraste était d’ailleurs frappant lorsque sa voix retentit, énigmatique. Note légère et sucrée.

- Toi au piano, moi au violon. Un duo dès plus, vibrant.

Sans plus attendre, elle détourna la tête. Cette réaction, empruntée au registre « confusion et art de séduire discrètement », alimentait parfaitement son petit jeu de femme éprise et innocente.
Coralee n’en avait jamais fait de trop, de même qu’elle n’en avait jamais fait peu et médiocre.
Elle nota l’expression de Johannes. Il avait cet air gêné qu’ont les personnes lorsque la conversation leur plait –de toute évidence- mais qu’ils ne savent pas comment la prolonger -ou la commencer. Un air si vrai et pourtant, si faux à la fois.
La jeune femme n’hésita pas longtemps avant de donner sa réponse, aussi brève et vague soit elle.

- J’attendais. Et tu es arrivé.

Elle posa alors son regard félin au même endroit que le jeune homme. La pendule. Ses aiguilles continuaient de tourner et le pendule se balançait toujours avec ce tic tac incessant particulièrement stressant, du moins, pour une personne en retard sur son temps.
Coralee mordit sa lèvre inférieure. Plus que quelques minutes pour converser avec ce beau petit brun. Une moue boudeuse anima sa figure sans qu’il n’y est eut, en apparence, d’élément déclencheur de ce « micro-boudage ». Elle joua avec ses doigts et tourna lentement vers le jeune homme, des mèches folles encadrant son visage aux lèvres pulpeuses et terriblement sujet au désir féminin. Si Coralee avait été une simple femelle. Elle s’approcha alors de lui, avant de machinalement lui retirer le fil blanc qui pendait sur son haut et qui l’incommodait depuis déjà dix bonnes minutes. Il semblait préférable qu’elle conserve un peu de son côté « rentre-dedans », pour mieux tromper notre petite lumière, Johannes Andersen pour ne pas la citer.

- Autrement… Je serais curieuse de savoir ce que tu faisais avec Cicely ce matin. Vous sembliez si préoccupés que je n’ai pas voulu vous dérangez, et puis la présence d'Eliott m'a suffit à rejeter cette idée, mais maintenant que j’y pense…

Elle le fixa, rendant cette impression assez désagréable d’être passé sous rayon x.
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Dorian Finnigan
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MessageSujet: Re: Tic tac toc [Pv Johannes]   Lun 14 Avr - 22:36

Elle jouait du violon. Cela n’était en soit pas très étonnant. Un caractère qui n’acceptait aucun refus, une main de fer dans un gant de velours telle était Coralee, ou du moins, telle était la vision que Johannes avait de Coralee. Le violon était un noble instrument, celui qu’il aurait sans hésitation choisi si le piano ne s’était pas tout naturellement offert à lui.
En effet, petit, bien avant que sa vie devienne aussi régulière qu’un métronome et aussi encadrée que celles de militaires, avec pour sacerdoce le sempiternel « Tu dois apprendre à te conduire comme un Lord » de sa tante, Johannes, trois ans et une coupe au bol d’un blond vénitien à son actif, avait pour la première fois touché l’instrument qui se trouvait dans le grand salon de ses parents, et naturellement répété les notes que faisaient sa mère, qui s’était alors extasiée sur son petit prodige. Il n’avait donc pour ainsi dire jamais eu à choisir vers quel instrument se porter, puisque c’était l’instrument qui l’avait choisi. Johannes et sa nature profondément obstinée avait nourrit une dépendance pour le piano qui ne l’avait jamais quittée durant ces années.

Il sentait toujours sur ses épaules les mains de la jeune femme, mais ne la repoussa pas. Cela ne se faisait pas, et puis, c’était ridicule d’imaginer sans cesse qu’elle voulait autre chose que son amitié. Ou du moins, qu’elle n’avait pas accepté le fait que Johannes ne pourrait lui offrir que cela… Il avait tourné enfin le visage vers elle. Très proche d’elle, plutôt, et ses sens étant très sensibles, il fut assaillit par son parfum. Gêné tout de même par une telle proximité, il sentit ses joues rougir légèrement tandis qu’il reportait à nouveau les yeux devant lui.

« Du violon… » répéta-t-il doucement, comme pour lui-même. Un duo avec Coralee serait certes parfaitement logique, et il ne doutait pas du niveau de la jeune femme qui n’aurait certes jamais proposé un duo si elle n’avait pas été en mesure de l’accompagner. Enfin, elle s’éloigna, et le jeune homme retrouva une respiration presque régulière.

A nouveau, son regard se reposa sur elle, intrigué, voire même un peu touché par sa dernière déclaration, qui certes était assez floue. Mais Johannes n’avait pas exactement l’habitude d’être attendu, désiré. Juste d’être là où il fallait lorsqu’il le fallait. Chacun de ses mouvements étaient impeccables, et personne ne s’étonnait plus de son perfectionnisme omniprésent. Ses joues gardèrent leur teinte rosée et il baissa à nouveau la tête, ne sachant que répondre à cela. Si ces paroles étaient venues de Cicely, sans doute aurait-il déjà atteint un niveau de bonheur très élevé, mais il ne s’agissait que de Coralee.
Coralee et sa manière très franche de s’exprimer, et de provoquer sans cesse des questionnements nouveaux chez Johannes, parce qu’elle ne semblait pas le voir de la même manière que les autres. C’était très étrange, et elle était imprévisible. Il cessa un instant de respirer lorsqu’elle s’approcha de lui, beaucoup trop près, et posa son regard bleu sur elle lorsqu’elle se contenta de retirer un fil qui dépassa.

Preuve de son état actuel : Johannes n’avait JAMAIS de fils qui dépassaient.
Mais elle poursuivit, et rien dans ses paroles ne donnèrent aux joues de Johannes une raison de se départir de leur parfaite petite tache rouge. Bien au contraire.

« Hum… »

Oui, c’était vrai que Coralee était arrivée avec Eliott et ils avaient fait le trajet ensemble. Eliott qui ne voulait plus lui adresser la parole, et qui le détestait, ne semblait pas être dérangé par la présence de la jolie blonde. Il ne comprenait d’ailleurs pas vraiment pourquoi elle le questionnait sans cesse sur sa relation avec Cicely. Déjà si compliquée… Mais se disait que c’était sans doute parce qu’elle se souciait un minimum de son sort. Non?

Que répondre, alors? D’un point de vue objectif, il ne s’était strictement rien passé. Subjectivement, c’était tout autre chose, d’ailleurs.

« Je… Elle » Oh, oui, à chaque fois qu’il parlait de Cicely, ou à Cicely, d’ailleurs, il se mettait à bégayer. C’était si compliqué. « Elle ne m’a pas repoussé… véritablement » à cette pensée, un sourire vint flotter sur ses lèvres. Non, elle ne l’avait pas repoussé, puisqu’elle avait dit qu’elle y réfléchirait. Et elle avait dormi sur son épaule. Et il avait sentit son parfum et touché ses cheveux. Et ils avaient discutés, ou plutôt… Il avait parlé et elle avait acquiécé

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Apolline Finnigan
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MessageSujet: Re: Tic tac toc [Pv Johannes]   Sam 3 Mai - 16:42

Ainsi, Elle ne l’avait pas totalement repoussé. C’était bien tout ce qu’elle voulait savoir pour le moment. Au font, cette nouvelle était plutôt bonne pour les futurs plans de Coralee. Seulement, une part d’elle-même semblait déçue. Elle ne savait pas si cette déception provenait du fait qu’elle s’était un peu trop prise au jeu, à savoir, laisser croire à Johannes qu’elle l’aimait, ou si cela venait de Cicely, qui faiblissait et qui se dévoilait à elle comme un personnage finalement capable d’être troublée. La raison restera en effet obscure…
Son regard se posa sur Johannes, encore et toujours. Le garçon était rouge de confusion. Pourtant, il avait ce sourire d’un gamin ravi qui illuminait son visage. C’était presque plaisant de le voir ainsi ; Pour peu que Coralee eût aimé voir les gens heureux. Ses lèvres s’entrouvrirent, échappant le son d’une voix lente, froide et implacable.

- Tic, tac, tic, tac, le temps presse. Tu te souviens ? Je m’accroche, que cela te plaises ou non.

Elle termina sa tirade par un petit rire cristallin qui permit le doute : on aurait put croire qu’elle plaisantait. Aisément même. C’est pourquoi elle ne se permit même pas de rajouter un trop commun « je plaisante bien sûr. », certaine qu’il la comprendrait.
Ses mains se joignirent alors, pour doucement faire glisser, le long de son majeur, la bague en argent et améthyste incrustées de sa mère décédée. La jeune femme tenait beaucoup à cette bague, elle l’avait d’ailleurs constamment sur elle. Pour rien au monde elle ne l’aurait enlevée. Oui, inutile de vous affoler, Coralee ne se rendait jamais à la piscine et préférait les bronzettes sur plage que les brasses coulées en mer. Elle la tournait donc entre ses doigts, alors qu’elle effectuait parallèlement une petite ronde autour des fauteuils. Son pas lent et sec troublait le silence sourd qui s’installait à présent entre eux.
Le silence pousse parfois à la réflexion –pure ou d’un niveau intellect surélevé. C’est ainsi que, loin d’une pensée philosophique cela dit, Coralee songea à sa mère. Cela faisait de nombreuses années déjà qu’elle ne l’avait plus serrée contre son cœur, qu’elle n’avait plus respiré son parfum. Pour cause, celle ci était morte. Morte, à la suite d’une longue période de végétation dans une des chambres de la grande maison familiale. Elle était donc partie, la laissant seule, elle et son chagrin. Certes d’une part notre jeune blonde avait été anéantie par sa perte mais d’autre part elle en avait été soulagée. Il faut dire qu’après l’accident, elle n’avait déjà plus véritablement de mère, juste un corps parmi tant d’autre, dont l’esprit s’en était aller.
Tout ce temps passé à jouer la comédie. La comédie sur l’arrêt de ce cœur faible qui ne renfermait de toute façon plus aucun amour pour sa fille…
En parlant de comédie. Le choix de la pièce de théâtre jouer par les étudiants d’Harper se déroulait juste après leur petit voyage à Liverpool. Oui. Bien que se fût dans une semaine seulement, cette chose obsédait ses pensés. Sûrement parce qu’un très cher inconnu lui avait confié une ou deux missions à ce sujet. Elle sourit, malveillante, et se tourna brusquement dans la direction du jeune homme. Johannes était toujours assit, ses deux grands yeux clairs perdus dans le vague.

- Pour la pièce de cette nouvelle année, Songe d’une nuit d’été me semble tout à fait dans le ton, et le bon cela va s’en dire. Tu ne trouves pas ?

Elle requérait très peu souvent l’avis des autres, cela lui était même égal, mais elle tramait quelques choses, pour sûr. Tout en ramenant ses cheveux blonds vénitiens sur ses épaules, elle se posa dans un des fauteuils, à distante d’un mètre entre elle et le jeune homme. Tendis qu’elle attendait sa réponse, elle caressa doucement le cuir vieillit et affreusement abîmé, voir même déchiré par endroit du fauteuil dans lequel elle se tenait. Cela lui donnait un côté félin extrêmement troublant.
Coralee regarda l’heure furtivement sur la grosse pendule à balance. Cela suffit pour la ramener à la réalité et c’est sans vous préciser qu’elle ne préférait pas qu’un élève la trouve en compagnie de Johannes et de plus, seule. Elle reporta son regard glacé et impénétrable sur le jeune brun et se leva calmement. Alors qu’elle marchait dans sa direction, elle déclara d’un ton autoritaire et à la fois si doux. Une drôle de combinaison, en tout point persuasif.

- Enfin, contente toi de m’appuyer sur ce choix lors de la sélection. S’il te plaît. ............... On se retrouve plus tard.

Elle ne donna aucunes explications sur la raison de son dépars soudain et offrit en compensation un furtive baisé au jeune homme sur le coin de ses lèvres. Coralee était libre après tout (huhu^^) Et puis, c’était bien l’heure tant attendue –on te croit- de dévorer les petits plats –miteux- du cantinier. Oui, vous avez bien entendu, cantinier. Tournant le dos, elle esquiva un sourire, satisfaite, et disparut dans l’entrebâillement de la porte qui menait vers la salle des repas, laissant seul, ce beau et naïf brun.
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Tic tac toc [Pv Johannes]
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